Histoire de l’informatique : portraits de femmes pionnières

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Les femmes ne représentent que 30 % des salariés dans la tech. Pourtant, les débuts de l'informatique ont été marqués par la contribution des femmes. Elles ont joué un rôle clé : sans elles, nous n’aurions ni Wi-Fi, ni programme informatique. Voici quelques portraits de femmes pionnières de l’informatique.

Les femmes ont joué un rôle essentiel dans les technologies, de l’invention de l’ordinateur aux premiers pas de l’homme sur la Lune.

Les métiers IT souffrent aujourd’hui d’une sous-représentation des femmes, alors qu’elles ont toujours été là. Ces portraits de femmes inspirantes qui ont contribué aux plus grandes avancées technologiques donneront peut-être envie aux petites filles de s’orienter vers les métiers de la tech. Focus sur 4 d’entre elles.

 

Ada Lovelace, la première codeuse de l’histoire

 

Ada Lovelace est unanimement reconnue comme la première programmeuse informatique de l'histoire en raison de ses travaux visionnaires.

Ada Lovelace

Née en Angleterre le 10 décembre 1815, Ada Lovelace est la seule fille légitime du poète anglais Lord Georges Byron. Rapidement délaissée par son père, elle sera élevée par sa mère, une aristocrate érudite. C’est elle qui insiste pour que sa fille apprenne les sciences et les mathématiques.

 

Ada Lovelace se prend alors de passion pour les nombres. À 17 ans, elle rencontre le mathématicien Charles Babbage qui a eu l'idée d'intégrer des cartes inspirées du métier à tisser Jacquard dans une machine conçue pour effectuer des calculs et imprimer des tables mathématiques. Car à l'époque, les tables de calculs étaient souvent incorrectes en raison d'erreurs humaines et de fautes typographiques.

Cette machine analytique, ancêtre de l’ordinateur, se composait des éléments que l'on retrouve aujourd'hui dans les ordinateurs modernes : un dispositif d'entrée pour les programmes et les données, une unité de commande, une unité de calcul, une mémoire, et un périphérique de sortie. Ada Lovelace a formalisé les concepts de Babbage en rédigeant un manuel expliquant comment configurer la machine. Elle créa ainsi le premier algorithme de programmation de l'histoire.

Malheureusement, Charles Babbage n’aura jamais les finances nécessaires pour terminer sa machine analytique et les notes d’Ada Lovelace tombent dans l’oubli. Il faudra attendre 1953 pour qu’elles soient publiées dans un livre sur l’informatique numérique, soit plus de 100 ans après sa mort !

Dans les années 1970, le département de la Défense aux Etats-Unis cherche à créer un langage pour remplacer les plus de 450 langages différents utilisés par l’armée. Une compétition est ouverte pour sa création. C’est la compagnie CII-Honeywell Bull qui est sélectionnée avec son langage « Green » qui deviendra « Ada » en hommage aux travaux d’Ada Lovelace.

 

Ada est un langage offrant une syntaxe claire inspirée de Pascal. Il est souvent utilisé dans des systèmes temps réel nécessitant un haut niveau de fiabilité. Aujourd’hui, le langage Ada est présent dans des domaines tels que la défense, l’aérospatiale, l’aéronautique et le médical.

 

Hedy Lamarr, une star de cinéma à l’origine du Wi-Fi

 

Née en Autriche en 1914, Hedy Lamarr est devenue une star du cinéma dans le Berlin très branché des années 1930. Après avoir fui son mariage avec un riche armurier, elle trouve la célébrité à Hollywood aux Etats-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, où elle donne notamment la réplique à Clark Gable.

Hedy LAmarr

Lasse de son statut de pin-up, Hedy a envie de participer à l’effort de guerre contre les Allemands. Sa rencontre avec le compositeur George Antheil va accélérer les choses. Cet inventeur musicien a été rendu célèbre pour son Ballet mécanique où les instruments se synchronisent grâce à un système de cryptage. Cette invention va inspirer Hedy Lamarr qui va créer un système de communication permettant aux torpilles et aux bateaux de communiquer secrètement.

 

Le système repose sur un émetteur-récepteur permettant aux torpilles de modifier leur fréquence de transmission afin d'éviter d'être détectées par les ennemis. Un brevet intitulé Secret communication system est déposé en 1941. L’invention passe d’abord inaperçue et c'est seulement 21 ans plus tard que l'armée américaine y voit une utilité.

 

Ce concept, également connu sous le nom d’« étalement de spectre par évasion de fréquence » (FHSS en anglais), continue de jouer un rôle central dans les technologies sans fil modernes, telles que le GPS et le Wi-fi !

 

Hedy Lamarr n'a jamais reçu la reconnaissance qu'elle méritait de son vivant : elle est décédée en 2000 dans l'anonymat le plus total. Sa véritable histoire a été révélée en 2017 grâce à un documentaire qui retrace le parcours et le portrait de cette femme pionnière de l’informatique.

 

Grace Murray Hopper, une femme à l’origine du langage COBOL

 

Cette mathématicienne américaine a été témoin d’une panne informatique provoquée par un insecte (bug en anglais). Après avoir résolu le problème, elle reporte dans son journal : « First actual case of bug being found » (« Premier cas réel de découverte d’insecte ») Cette anecdote a popularisé l’expression « bug informatique. »

Grace Murray Hopper

Mais Grace Murray Hopper est surtout connue pour sa contribution à l’histoire de l’informatique. Elle étudie la physique et les mathématiques, avant d’obtenir une maîtrise à Yale en 1930 et un doctorat en mathématiques en 1934.

 

À partir de 1957, elle occupe un poste chez IBM, où elle suggère qu’un programme devrait être rédigé dans un langage qui ressemble davantage à l'anglais, plutôt que de suivre le modèle du langage machine (comme Fortran). L’objectif étant également que ce langage permette la portabilité entre systèmes informatiques et qu’il dispose d’une capacité à s'adapter aux changements. C'est de cette idée qu'émerge le langage COBOL en 1959.

 

Spécialement conçu pour le développement d'applications dans les domaines de l'entreprise et de la finance, COBOL est orienté vers les ordinateurs mainframe. Il n'est pas lié à un système d'exploitation particulier. Certaines des infrastructures les plus critiques, telles que les systèmes de paiement et les systèmes de sécurité sociale, reposent encore sur des programmes COBOL.

 

Margaret Hamilton, une femme au cœur de la mission Apollo

 

Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour la femme ! Sans elle, Buzz Aldrin et Neil Armstrong n’auraient jamais foulé la surface de la Lune. Si le nom de Margaret Hamilton est encore trop peu connu, elle est pourtant l’une des femmes qui a contribué à écrire l’histoire de l’informatique.

Margaret Hamilton

Née en 1936 aux États-Unis, elle devient professeure de mathématiques avant d’obtenir un poste au MIT (Massachusetts Institute of Technology) en 1960. Elle change de carrière en 1962 en intégrant le projet militaire SAGE, où elle contribue au développement de l'un des premiers systèmes informatiques de défense antimissile pour la NASA (National Aeronautics and Space Administration).

 

Avec son équipe, elle crée un système de gestion des priorités des tâches qui sera essentiel pour le succès de la mission Apollo et l'atterrissage sur la Lune.

 

En 1986, Margaret Hamilton fonde Hamilton Technologies afin de développer un nouveau langage de programmation appelé Universal Systems Language (USL). Ce langage est le fruit de son expérience à la NASA et repose sur la notion d'objets et de modèles orientés système. L'objectif principal étant d'accroître la fiabilité du code tout en diminuant les dépenses de développement et les risques associés.

 

Le nom de Margaret Hamilton est longtemps resté méconnu, mais 27 ans après avoir quitté la NASA, elle est enfin honorée par l'agence pour ses contributions scientifiques remarquables dans le domaine de l'informatique.

 

Plusieurs livres et films sont sortis pour montrer la place importante des femmes dans l’histoire spatiale. Le plus marquant étant « Les figures de l’ombre. »

Pour en savoir plus sur les femmes dans l’informatique :

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