Stratégie épuisement des fonds jusqu'à la retraite
Bonjour,
Je suis freelance en EURL depuis 5 ans, j'ai 47 ans. Je réalise à peu près 140k€ de CA annuel.
Ma stratégie pour le moment a été de :
- de viser un bénéfice de 42500€ pour profiter à fond de la tranche d'IS à 15%
- me verser le reste disponible en rémunération (CA - charges - cotisations sociales = rémunération).
- faire tourner ma trésorerie sur plusieurs CAT de 20k avec des durées différentes (de 3 mois à 2 ans).
Le but était dans un premier temps de me fournir un petit matelas de sécurité. C'est chose faite avec 180k en report à nouveau.
Je me pose des questions maintenant sur la suite. A savoir, est ce que je continue d'accumuler dans la même démarche, ou je commence à me prendre le maximum en rémunération.
Ma première hypothèse est la suivante :
- je continue sur la même stratégie.
- je place sur des supports long termes plus rémunérateurs (SCPI en pleine propriété et/ou usufruit, obligations, private equity, actions, cryptomonnaie,...)
- dans 5 ans si tout va bien, j'aurai accumuler 300k.
- j'aimerais lever le pied à ce moment là
- travailler de temps en temps
- quand les finances le permettront, arrêter complétement avant la retraite.
- continuer de me rémunérer en gardant la structure (ayant déjà 25 ans de cotisations complètes, j'aimerais continuer de valider mes trimestres).
- partir en retraite à taux plein
- fermer la structure ou transformer en SASU s'il reste de la trésorerie et que les coûts de structure sont acceptables.
Est-ce que cette hypothèse tient la route ?
Mon activité principale est la prestation de service informatique et la seconde le placement.
Tant que je fais un peu des deux, j'imagine pas de soucis.
Ensuite les années où je vais avoir plus de revenu de placement que de prestations, est ce un problème ? Peut on me reprocher de ne pas être cohérent au niveau de l'objet social ?
Ensuite quand il n'y aura plus de prestations mais seulement du revenu de placement, cela pose t il un problème également ? faut il changer l objet social ? Il n'y aura plus de TVA encaissée, est ce un problème ? Je me rémunérerai avec pour seul activité le suivi des placements, est ce suffisant pour se rémunérer et garder le statut de TNS ?
S'il y a quelque chose d'incohérent dans tout cela, je devrais envisager plutôt de prendre un max de rémunération à partir de maintenant.
Je devrais regarder du côté des cotisations volontaires de retraite.
Si quelqu'un est passé ou est dans cette situation, merci de partager vos retours d'expérience !
Valider des trimestres devient de moins en moins utile puisque l'âge légal de départ a été et sera sûrement de nouveau repoussé. Je ne parle même pas du rachat de trimestres, qui perd encore plus de sens.
Ne pas perdre de vue que les "25 meilleures années" sont calculées sur le pro-rata des différents régimes auxquels on cotise (j'en suis déjà à 3), donc arithmétiquement ce pro-rata ne peut jouer qu'en ta défaveur.
Exploiter (faire bon usage) de l'IS est compliqué, surtout si on s'y met tardivement, mais cela nécessite d'y réfléchir. Pour sûr que l'avocat va pointer le bout de son nez car c'est son rayon.
Merci pour ton retour.
Il me semble que les 25 meilleurs années sont prises en compte tout régime confondu. En tout cas c est mentionné sur ce lien Comment calculer la retraite polypensionnée ? | La Retraite en clair
Si on passait à une retraite à point, ce serait encore autre chose. Je ne m'embêterai même plus à chercher la validation des trimestres.
Entièrement d'accord avec toi sur le fait que si j'étais plus jeune, je réduirais au strict minimum ma rémunération et j'exploiterais beaucoup plus l'IS. Mais je pense déjà à la retraite (qui reste malgré tout encore loin) !
Bonsoir.
Pour sûr que l'avocat va pointer le bout de son nez car c'est son rayon.
Perdu !
Car l'opti par l'IS dans une optique de constitution de patrimoine est efficace si on a suffisamment de temps avant la retraite.
47 ans c'est trop.
Ce n'est pas à exclure totalement - j'ai constitué des holdings IS pour des clients cinquantenaires - mas il faut être clair : là on le fait pour ses enfants, pas pour soi. Mais si le but est de se constituer un patrimoine dans une optique de complément de retraite, à moins de retrouver les clés de la DeLorean, 'faudra trouver autre chose.
Avocat (non, pas celui qui se mange)
Je n'ai justement aucun souhait de holding car je considère justement que c'est trop tard.
Je veux juste savoir si je peux arrêter mon activité et consommer ma trésorerie sans soucis.
Par exemple 300k d'usufruit de scpi pendant 10 ans permettent d'avoir 45k par an. Si on retire les frais de structure et cotisations sociales il reste 2k par mois, valider tranquillement ses trimestres.Ensuite on peut fermer la structure il n'y a plus d'argent dedans.
Hé bien... Il n'y a pas de certitude.
En effet la rémunération n'est plus la contrepartie d'un travail. Du coup les droits à retraite pourraient théoriquement être contestés. C'est un vécu sur certaines sociétés.
Ne me demandez pas de quantifier ce risque...
Avocat (non, pas celui qui se mange)
Comment jauger la notion de travail effectif ?
J'imagine qu'il y a bien des personnes qui ne font que des investissements, y compris de l'immobilier locatif et qui se rémunèrent ?
Si au lieu d'une rémunération on se verse des dividendes qui seront soumis à cotisations, est ce que l'URSSAF fait une différence ? Est ce qu'elle exige un travail effectif derrière la prise de dividendes ?
Sinon,on aurait alors des cotisations sociales qui ne donnent aucun droit ?
Des cotisations qui ne donnent pas de droits ? Oui. C'est assez courant d'ailleurs.
Notez qu'en cas de refus de prestations on peut alors demander le remboursement des cotisations indûment versées. Mais outre que c'est bien moins intéressant évidemment, c'est dans la limite du délai de prescription... Autant dire qu'il vaut mieux faire du préventif.
Avocat (non, pas celui qui se mange)
En effet la rémunération n'est plus la contrepartie d'un travail. Du coup les droits à retraite pourraient théoriquement être contestés. C'est un vécu sur certaines sociétés.
C'est la même administration qui considère qu'un dividende est toujours un revenu du capital, même lorsqu'il est généré exclusivement par votre propre travail?
Donc si je comprends bien, en EURL, l'administration considère que le versement de dividende est un versement de rémunération déguisée dans le but d'éviter les cotisations sociales.
Donc elle nous oblige à payer des cotisations sociales.
Si rééllement on considère qu'il n'y pas de travail réél et qu'il nous parait plus logique de nous verser des dividendes, on va payer des cotisations pour rien car l'administration pourra refuser les prestations associées.
Et si on a dépassé le délais de prescription, on ne peut plus demander un remboursement de ces cotisations.
Et si pour éviter ces problèmes on transforme en SASU, on se prend la taxe sur les salaires ...
Je suis en SAS, et je fais aussi beaucoup de report à nouveau. Ma trésorerie est essentiellement placée en SIIC.
Le but est effectivement d'acquérir une certaine sérénité face aux imprévus (risque de plus en plus élevé malheureusement), et de me dire que je pourrai lever le pied le moment venu.
Par contre il y a plusieurs obstacles pour mettre en pratique cette théorie pourtant enviable sur le papier :
à partir de quel moment pensez-vous réellement que vous serez assez confortable pour raisonner de la sorte? (souvent on a tendance à retarder cette échéance, pour avoir un matelas plus épais) ;
durant cette période censée être apaisante, il se peut, à moins d'avoir placé exclusivement son épargne en sicav monétaire, que votre butin de guerre patiemment accumulé subisse des variations de valorisation. En Bourse, des chutes de 30% voir plus ne sont pas à exclure, y compris aujourd'hui sur des valeurs pourtant vendues comme sûres. Etes-vous prêt à encaisser ces périodes avec sérénité?
on souhaite avoir plus de liberté, prendre de longues vacances, se mettre aux 3/5ème ... Mais en pratique, c'est votre client final, et les circonstances de marché, qui vous imposeront le rythme. Or dans notre secteur, on est surtout en mode tout ou rien ;
il va malgré tout falloir assurer un CA minimum pour qu'on ne considère pas que votre entreprise est une "coquille vide". Là encore, comment trouver des missions de quelques mois par an, alors que le plus souvent nous sommes recrutés dans une optique de mission de 2 à 3 ans?
Bonjour.
Tout de même vous me faites tous un peu peur...
Il faut faire gaffe avec ce genre de jeu en SAS.
Car il ne s'agit pas seulement de faire en sorte que l'entreprise ne soit pas une coquille vide. Si vous avez des revenus hors activité ils sont hors TVA. Et si plus de 10% du CA est hors TVA d'une part et que vous vous rémunérez au-delà d'un certain seuil d'autre part - et pour avoir un peu fréquenté ce forum vous pétez tous le seuil - vous devenez redevable de la taxe sur les salaires. Son montant n'a rien de réjouissant.
Donc ce genre de stratégie ça ne s'improvise pas.
Et accessoirement ne misez pas tout dessus en espérant cesser de bosser à 45 ans et en négligeant la retraite de base. C'est s'exposer à beaucoup de désillusions.
Avocat (non, pas celui qui se mange)
Bonjour Vincent,
Je viens de découvrir cette taxe que je ne connaissais pas mais ce n'est pas très clair pour moi sur son fonctionnement. Il est indiqué notamment :
Elle est due par tout employeur domicilié ou établi en France, quel que soit le lieu du domicile du salarié ou de son activité, et qui remplit une des conditions suivantes :
L'année de versement des rémunérations, il n'est pas soumis au paiement de la TVA.
L'année de versement des rémunérations, il est partiellement taxable à la TVA et était soumis au cours de l'année précédente au paiement de la TVA sur moins de 90 % de son CA.
L'année avant le versement des rémunérations, moins de 10 % de son chiffre d'affaires est soumis à la TVA.
Est-ce que ça signifie qu'un indépendant qui effectue toutes ses missions pour un client hors UE et donc ne reçoit pas de TVA à payer à l'état (Montant facturé déclaré uniquement dans la section E2 Autres opérations non imposables) serait éligible à cette taxe sur les salaires?
D'après ce que je comprend la taxe serait éligible dans cette situation et concernait alors l'ensemble des rémunérations du président + les montants versée au salarié (prime macron, intéressement, participation etc). Tout ces montants serait alors éligible à un taux supplémentaire de prélèvement à 13.6% (pour la partie > 18.2k€).
Je trouve le principe totalement injuste et improductif car on est déjà taxé de la même manière que les autres et simplement car nous avons une mission qui se situe à l'international, on se retrouve encore plus taxé. C'est assez illogique en plus car en général ça signifie qu'on ramène de l'argent depuis un pays étranger vers la France, cet argent sera ensuite réutilisé et donc retaxé en France.
Pfff, même le dimanche, on n'est pas à l'abri de voir de nouvelles taxes sortir du chapeau🤣.
Je pensais davantage à me rémunérer sous forme de dividende. Tant que la flat tax existe.
@Yebor : c'est oui...
C'est un gag que connaissent bien les marchands de biens qui sont souvent hors TVA !
Attention votre source n'est pas très fiable. La taxe n'est pas due par un employeur mais par une entreprise versant des rémunérations soumises à cotisations au régime général ce qui est un peu différent.
@paul92 : cette taxe n'est pas nouvelle.
Ça date de 2013 ou 2014… je ne sais plus trop. Ça avait été à l'époque une très mauvaise surprise.
Ceci étant on peut contourner le problème. Il n'y a pas de recette unique pour ça, c'est en fonction de telle ou telle situation. Comme je disais ça ne s'improvise pas (une leçon à méditer par le gouvernement qui se réveille seulement maintenant sur les contenus pornos sur vinted qui y sévissent depuis... des années).
Avocat (non, pas celui qui se mange)
Merci Vincent pour la réponse,
Du coup si je prend d'autres exemples :
Un freelance qui a de la trésorerie lié à des prestations des années précédentes, en 2025 il ne trouve aucune mission et il a donc seul des intérêts financier en CA. Il continue de percevoir une rémunération en 2025 à partir de sa trésorerie précédente.
En 2026 il va devoir donc payer la taxe sur les salaires, simplement car il n'a pas réussi à trouver un client... (ou un client français)
Pour le lien de la source c'était celui là https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F22576 sur la partie "qui est concernée par la taxe sur les salaires"
Bref, ça a tendance à plutôt inciter à fermer son entreprise, tout prendre en dividendes et passer par du portage salarial étranger si on a des clients à l'étranger... Le résultat est alors l'effet inverse avec beaucoup moins de taxes récupérée côté français...
Ah 2013, je comprends mieux une telle créativité fiscale, mais qui venait d'arriver au pouvoir à cette époque là?🤔😂
Voilà. Il reste à fermer sa société et se verser les dividendes en "one shot" (tant que la flat tax existe encore). Mais effectivement, cette loi est un peu étonnante à plus d'un titre. Déjà en pratique, au plus on avance en âge, et au plus les périodes sans activités (et donc sans TVA) sont subies plus que choisies. Et puis, si le but est de cotiser, rien n'empêche de trouver un autre statut, même avec une rémunération modique.
@yebor : il ne faut pas dramatiser non plus... Ça se gère - par exemple avec un bon avocat aux tarifs extrêmement concurrentiel dont la modestie m'interdit de citer le nom.
Il ne faut pas non plus oublier que la question ne se pose que si le rémunération excède certains seuils...
Avocat (non, pas celui qui se mange)
Il ne faut pas non plus oublier que la question ne se pose que si le rémunération excède certains seuils
Si je me trompe pas il est nécessaire d'inclure au numérateur du rapport d’assujettissement à la taxe sur les salaires et donc le montant peut être vite important
https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/6693-PGP.html/identifiant%3DBOI-TPS-TS-20-30-20220330
Les autres flux financiers situés hors du champ d'application de la TVA (subventions, dividendes, etc.) sont pris en compte dans le rapport d'assujettissement de l'année au cours de laquelle intervient l'encaissement desdites sommes.
vous avez fait du CDI bien payé avant vos 5 ans d’eurl? Car dans tous les cas ce genre de profil c’est retraite minimale, 300k c’est pas assez du tout pour pouvoir partir en retraite a 50 ans de nos jours (enfin mode barista fire comme vous l’indiquez).
Source: indépendant aussi depuis 5 ans, 30 ans, environ 350k de patrimoine net (60% actions et 40% immo) et avec 350k c’est rien. Pour info, un cheminot moyen va toucher en moyenne 750k€ sur l’ensemble de leur retraite, j’essaierai de retrouver les chiffree).
Bonjour,
20 ans de CDI cadre.
Dans 5 ans j'aurais donc 30 ans de carrière dont les 25 meilleures années au pass (pas besoin d'avoir plus sur la retraite de base puisque c'est plafonné). Les 20 ans de cadres m'ont permis de cotiser à l agirc Arco et de prétendre à 500€ net mensuel à la retraite sous condition de taux plein rien que sur la complémentaire.
Donc je suis forcément tenté de continuer à valider mes trimestres même au strict minimum juste pour éviter les décotes.
Maison payée, aucun crédit, plus d'enfants à charge dans 5 ans.
J'aurais 52 ans, je peux très bien vivre avec 2k par mois pendant 10 ans.