Attention aux faux recrutements : quand des plateformes aspirent vos données projet (NDA) et vos contacts
Je viens pousser un coup de gueule contre une plateforme dite « de recrutement » (qui a fait pas mal de bruit ces deux dernières années). Je n'y ai jamais vu la couleur d'une offre sérieuse, mais le problème est ailleurs et bien plus grave.
En voulant tenter ma chance sur une annonce, je suis tombé sur un formulaire de candidature délirant. On ne vous pose pas de questions techniques classiques, mais on vous demande des détails ultra-précis sur vos anciens projets chez vos clients ou employeurs.
C'est un piège grossier :
Pillage de données confidentielles : Ces informations relèvent du secret professionnel. Sous couvert d'évaluer votre profil, ils récupèrent de la matière sur l'architecture, les technologies internes ou les processus d'autres entreprises.
Prospection commerciale déguisée : Après le coup classique du « donnez-nous les coordonnées de votre ancien manager pour une prise de référence » (dont le seul but est de le démarcher le lendemain), ils passent un cran au-dessus en vous demandant de livrer le contenu exact de vos missions.
J'ai fini par répondre « Under NDA » à toutes leurs questions abusives avant de fermer la page.
Ne tombez pas dans le panneau : ne révélez jamais de détails stratégiques ou confidentiels sous prétexte de postuler. Une entreprise ou un cabinet sérieux évalue vos compétences, pas les secrets de vos anciens clients. Si un formulaire va trop loin, fuyez.
Tarik Make The World Better At My Little Position
plus 1, je ne détaille jamais, même en call, ou en visio.
J'ai eu des essais des certaines personnes, et j'ai parler RGPD, l'échange a changé de ton
Fatigué de recadrer, écoutez : <a href="https://www.dailymotion.com/video/x61ed23" rel="nofollow noopener">https://www.dailymotion.com/video/x61ed23</a> OrelSan - Basique
J’ai récemment été contactée pour une mission de Lead Product Data.
Premier échange avec le commercial : très sympathique.
Premier exercice : normal. Rien à signaler.Puis le process devient… étrange.
Le commercial me rappelle avec une consigne :
« Attention, ne dis pas au client que tu es freelance. Dis que tu es en cours d’embauche chez nous. »
Premier red flag.
Ensuite, il me propose un échange téléphonique avec une collègue, présentée comme occupant le même poste chez le client, un grand groupe français.
Pourquoi pas. J’accepte.
Sauf que l’échange supposément informel commence par :
« Je vais vérifier si tu es le bon fit. Décris-moi ton expérience. »
Pardon ?
Je découvre donc, pendant l’appel, que je ne suis pas dans un échange entre pairs mais dans un entretien d’évaluation dont personne ne m’avait informée.
Je refuse de poursuivre dans ces conditions. Le ton monte.
Plus étonnant encore : le véritable entretien devait ensuite avoir lieu en anglais avec le client, présenté comme étant localisé dans un pays d’Europe de l’Est.
À ce stade, j’ai préféré arrêter le process et refuser la mission.
Depuis ? Silence radio.
Je n’ai aucun problème avec les processus de sélection exigeants. J’en ai passé suffisamment dans ma carrière.
Mais il y a une différence entre évaluer un candidat et changer les règles du jeu pendant la partie.
Et surtout, lorsqu’on demande à un freelance de ne pas dire au client qu’il est freelance, la question n’est plus seulement celle du recrutement.
Elle devient beaucoup plus simple :
Qui vend exactement quoi à qui et sous quel statut ?
La transparence n’est pas un détail administratif dans une relation professionnelle. C’est le premier test de confiance.
Pour un entretien sain, jusqu’à la signature réelle du contrat :
Ne JAMAIS donner de références (c’est-à-dire des gens avec qui on a travaillé pour que l’ESN ou l’employeur les appelle) : 99% de chances qu'à la fin ça ne serve qu'a tenter de placer des consultants sur votre dos.
Ne JAMAIS négocier à la baisse son TJM : 99% de chance qu'à la fin l'ESN commence avec un doigt et finisse avec un bras.
Ne JAMAIS accepter de prendre à sa charge les frais de déplacement et d’hébergement : c'est EUX qui vous proposes un emploi, pas VOUS qui leur proposez un emploi. Ce n'est PAS à vous de payer cela et encore moins de les avancer. C'est VOUS qui leur rapportez de l'argent, pas l'inverse.
Ne JAMAIS accepter d’être payé en retard. Une facture, ça se paie à la date d’émission, pas deux semaines après, pas deux mois après. Sinon, il ne fallait pas employer quelqu’un.
Ne JAMAIS accepter de travailler comme un salarié, donc d’être soumis à des horaires, à des jours de présence ou d’être intégré dans une équipe. Il y a une différence entre être freelance, rejoindre un projet et donc participer avec l’équipe, mais librement, sur les horaires que l’on choisit : là, on est dans la légalité. Avec une mission où les horaires, les jours, etc., sont imposés : là, on est dans l’illégalité.
ne JAMAIS accepter de faire un test technique quand vous êtes Freelance. Vous n'êtes pas entrain de postuler à un poste de salarié, mais de Freelance.
À partir du moment où vous ne faites pas respecter cela ou, pire, que l’ESN ou le client refuse de le respecter, alors vous pouvez être sûr que vous allez avoir des problèmes.
La première compétence d’un freelance, c’est de savoir ne pas tomber dans les arnaques.