Bien choisir son statut freelance en 2026 : micro-entreprise, SASU ou portage ?

Choisir son statut freelance IT représente la première décision financière d’un indépendant dans la tech. Avant même de fixer un TJM, ce choix détermine le revenu réel, la protection sociale, la crédibilité auprès des clients et la capacité à investir dans l’avenir.
Le marché du freelancing IT atteint en 2026 un niveau de maturité élevé. Les grands comptes travaillent régulièrement avec des indépendants, les TJM progressent et les missions se spécialisent. Pourtant, une grande partie des freelances sélectionne encore son statut par habitude ou par mimétisme.
Ce guide propose une méthode claire pour passer d’un choix subi à une décision rationnelle, adaptée à votre profil, à vos frais professionnels et à votre besoin de sécurité.
Avant d’entrer dans le détail, quatre questions orientent déjà la réflexion :
Avez-vous des frais professionnels importants ?
Souhaitez-vous conserver vos droits au chômage ?
Combien de temps acceptez-vous de consacrer à l’administratif ?
La micro-entreprise : le fast track pour démarrer en tant que freelance IT

La micro-entreprise attire naturellement les freelances IT qui débutent ou qui travaillent en télétravail avec très peu de dépenses.
Le fonctionnement repose sur un principe simple. Les cotisations et les impôts portent uniquement sur le chiffre d’affaires encaissé, sans calcul de bénéfice réel ni comptabilité complexe.
Les chiffres clés 2026
Pour les activités IT relevant des BNC :
Plafond de chiffre d’affaires : 77 700 € HT par an
Franchise de TVA :
37 500 € vous facturez sans TVA
41 250 € vous facturez la TVA dès le mois de dépassement
Deux années consécutives au-dessus du plafond entraînent un passage automatique au régime réel.
Les cotisations sociales
23,2 % à 25,6 % du chiffre d’affaires
Contribution à la formation professionnelle environ 0,2 %
ACRE possible avec une réduction de 50 % la première année
L’avantage évident repose sur une règle simple. En l’absence de chiffre d’affaires, aucune charge sociale.
Le versement libératoire, levier fiscal puissant
Sous condition de revenu fiscal de référence inférieur à environ 29 315 € sur l’année N-2, l’option pour le versement libératoire permet de régler l’impôt via 2,2 % du chiffre d’affaires mensuel.
Un freelance IT générant 70 000 € de chiffre d’affaires règle alors 1 540 € d’impôt sur l’année.
Le point d’alerte pour les profils expérimentés
L’administration applique un abattement forfaitaire de 34 %. Les frais réels supérieurs à ce montant créent une perte financière.
Ce cas apparaît souvent chez les freelances IT qui investissent dans du matériel, des licences cloud, de la sous-traitance ou des déplacements clients.
Autres limites à intégrer :
Aucun frais déductible
Protection sociale limitée
Accès au crédit immobilier compliqué
Image parfois moins rassurante pour certains services achats
Pour aller plus loin :
La SASU : le costume sur mesure pour les experts
La SASU consiste à créer une société distincte de votre personne. Ce statut concerne principalement les freelances IT avec un TJM élevé et des frais professionnels significatifs.
Séparation du patrimoine
La responsabilité financière se limite au capital de la société. Cette protection prend tout son sens sur des projets IT sensibles.
Salaire et dividendes, deux leviers complémentaires
En SASU, deux modes de rémunération coexistent.
Le salaire en tant qu’assimilé salarié implique des charges sociales entre 75 % et 80 % du net versé. Cette option ouvre des droits complets au régime général.
Les dividendes interviennent après paiement de l’impôt sur les sociétés. Le taux s’élève à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfices puis 25 %. Les dividendes subissent ensuite la flat tax de 30 %.
De nombreux freelances IT combinent un salaire modéré pour la protection sociale et des dividendes annuels pour optimiser le revenu.
La déduction des frais réels, avantage majeur pour la tech
La SASU permet de déduire l’ensemble des dépenses nécessaires à l’activité :
Ordinateurs, serveurs, matériel informatique
Licences SaaS, abonnements cloud
Quote part du loyer en télétravail
Déplacements et repas
Sous-traitance technique
Lorsque ces frais dépassent 34 % du chiffre d’affaires, la SASU devient plus intéressante que la micro-entreprise, indépendamment du plafond.
Crédibilité, crédit et obligations
Les grands comptes IT travaillent couramment avec des SASU.
Les banques apprécient la présence de fiches de paie pour l’étude d’un prêt immobilier.
La facturation électronique devient obligatoire en 2026 via le PPF ou des plateformes partenaires. Les experts comptables équipent généralement les SASU d’outils déjà compatibles.
Ce statut implique :
Un expert-comptable
Un bilan annuel
Une gestion administrative plus lourde
Absence de droits au chômage
Le Portage Salarial : la sécurité du salariat avec la liberté du freelance

Le portage salarial repose sur une relation tripartite. Le freelance trouve sa mission. La société de portage facture le client. Le freelance reçoit un salaire.
Décomposition financière
Pour un TJM de 600 € :
5 % à 10 % de frais de gestion
Environ 45 % de charges sociales
Un revenu net représentant 48 % à 52 % du chiffre d’affaires
Maintien des droits France Travail
Le portage salarial permet de cotiser au chômage. Le cumul entre ARE et salaire dépend en 2026 du nombre de jours travaillés dans le mois.
Le portage présente un avantage spécifique. Le lissage des revenus facilite l’optimisation du maintien partiel des droits lors des missions discontinues.
Avantages du statut salarié
Mutuelle cadre
Retraite complète
Accès au PEE et PERCO
Aucune gestion administrative personnelle
Facturation électronique gérée directement par la société de portage
Ce statut attire les profils qui souhaitent se concentrer entièrement sur leur expertise technique.
La contrepartie concerne le coût global en charges sociales, plus élevé que les autres statuts.
Comment garantir sécurité et freelancing grâce au portage salarial ?

Comparateur pour choisir son statut freelance IT
Cette section constitue le cœur décisionnel pour choisir son statut freelance IT selon sa situation réelle.
Tableau de synthèse

Scénarios concrets
Développeur TJM 400 € avec peu de frais
🡪 La micro-entreprise apporte simplicité et fiscalité légère.
Architecte cloud TJM 800 € avec investissements matériels
🡪 La SASU permet la déduction des frais et l’optimisation par dividendes.
Consultant senior quittant un CDI
🡪 Le portage salarial sécurise la transition grâce au chômage et à l’absence d’administratif.
Le critère temps administratif
Micro-entreprise : quelques minutes par mois
SASU : plusieurs heures mensuelles avec le comptable
Portage salarial : aucun temps consacré à la gestion
Facturation électronique et RC Pro
Quel que soit votre choix de statut de freelance IT, 2026 marque la généralisation de la facturation électronique via le PPF ou des plateformes partenaires. La SASU et le portage salarial gèrent souvent cela nativement. Le micro-entrepreneur doit désormais s’équiper d’un outil conforme.
L’assurance responsabilité civile professionnelle reste indispensable en micro-entreprise et en SASU. Elle figure souvent dans les frais de gestion du portage salarial, ce qui représente une économie annuelle estimée entre 300 € et 800 €.
Un arbre de décision simple résume la logique :
TJM modéré et peu de frais 🡪 micro-entreprise
TJM élevé et frais importants 🡪 SASU
Besoin de sécurité chômage 🡪 portage salarial
Faire évoluer son statut de freelance IT dans le temps
Le choix initial évolue avec l’activité. Beaucoup de freelances commencent en micro-entreprise, passent en portage pour sécuriser une transition, puis créent une SASU lorsque le TJM et les frais augmentent.
Cette progression illustre qu’il est possible d’adapter son cadre juridique à sa réalité économique.
À ce stade, la compréhension des mécanismes présentés permet de choisir son statut freelance IT avec méthode, en cohérence avec ses revenus, ses dépenses et son besoin de sécurité.
Un expert-comptable ou une société de portage apporte un accompagnement utile pour valider ce choix.
Sources
URSSAF (https://www.urssaf.fr/)
Service Public (fiches micro-entreprise et SASU)
Bpifrance Création (comparatifs de statuts 2026)
DGFiP (barème impôt sur les sociétés)
Convention collective du portage salarial et Code du Travail (articles L1254-1 et suivants)
Portail Auto-Entrepreneur (TVA et facturation électronique 2026)




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